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Prix Marine PhotoEntete

Bravo Zulu


Automne en baie de Somme

1896. Le corps d’un riche industriel est découvert à bord d’une goélette échouée en baie de Somme. Pour enquêter, Paris envoie son meilleur inspecteur, Amaury Broyan. Très vite, il apparaît que le défunt, à la fois patron social aimé de ses ouvriers et bourgeois intégré dans la haute société, naviguait en mer du Nord autant que dans les milieux artistiques. Il aurait d’ailleurs eu une belle rousse pour maîtresse, modèle de nombreux peintres. Des plages du Nord au quartiers cossus de Paris et aux cabarets de la Butte Montmartre, l’inspecteur se retrouve plongé dans une affaire compliquée et périlleuse, dans laquelle chaque personnage va révéler sa part d’ombre.

Philippe Pelaez, dont les bons synopsis de Pinard de Guerre et de Puisqu’il faut des hommes (qui se déroulaient respectivement durant la Première Guerre mondiale et durant la guerre d’Algérie), nous revient ici avec un polar d’excellente facture, doublé d’un plaidoyer pour les femmes. L’histoire est ici complexe sans être sinueuse, les personnages sont durs sans manquer de douceur, forts de leur énergie et de leurs failles. Le récit, ancré dans cette période d’entre-deux guerres marquée par le renouveau des idées et des mœurs, est ici riche et implacable, sans grande morale mais non sans espoir.

Au dessin, cette émouvante enquête, pleine de rebondissements et dont les personnages semblent tout droits sortis des romans de Zola, est menée de main de maître par Alexis Chabert. Il use des manières et des couleurs du peintre Mucha ; on appréciera particulièrement la première de couverture, très réussie, qui instille finement un esprit Art Nouveau qui ne manque pas de charme. Le (beau) titre laisse à penser que cette bande dessinée est plus maritime qu’elle ne l’est véritablement. D’une indéniable qualité, elle vogue – il est vrai – aux marges du prix Marine Bravo Zulu. Et les lecteurs qui recherchent l’eau salée pourront estimer que la mer est ici un prétexte, pire un accident. Il n’en est rien ; l’océan – qui revient dans les mots avec la régularité d’une marée à l’étale – est ici une ode discrète à la liberté. Sans être marin, ce one-shot mérite une attention particulière : intégré à la bibliothèque d’un carré, il fera de toute évidence vibrer ses lecteurs.

CC(R) Jean-Pascal DANNAUD
08/08/2022

Philippe Pelaez et Alexis Chabert
Automne en baie de Somme
Grand Angle, juin 2022

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