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Les marins de l’Empereur

Napoléon n’était pas un marin. Héritant d’une Marine en ruines à la fin de la révolution, il voulut la reconstruire sur le modèle de ses armées de terre victorieuses.  Etait-ce une bonne idée ? Le Consulat et l’Empire ne sont pas des périodes où la Marine française a brillé face à la Royal Navy.

Dans son analyse très détaillée, Sophie Muffat relève que Bonaparte, dès l’an VIII,  va créer les préfectures maritimes, le service de santé, réorganiser le ministère de la Marine, les arsenaux, la caisse des invalides, développer les constructions navales. Les équipages et les officiers seront aussi réorganisés dans leur structure, leurs fonctions et leurs missions. Par la suite Napoléon ne cessera jamais de transformer la Marine : 1803, 1806, 1808, 1810-1813. On légifèrera sur tout et la vie des marins sera soumise à une accumulation de règlements, de décrets et d’ordonnances.

Les marins vécurent très mal d’être assimilés à des militaires, de porter l’uniforme, de recevoir des grades qui ne correspondaient à aucune de leurs fonctions. Mais les règlements très détaillés donnèrent aux officiers et aux équipages, le cadre nécessaire pour développer leurs compétences et monter en puissance. Ceci fut également vrai pour les ouvriers de l’arsenal, les constructeurs et tous les services de soutien.

Etre marin sous le consulat et l’Empire, c’était être pauvre, soumis à l’inscription maritime et pour ceux qui naviguaient, vivre pendant des mois dans des conditions sanitaires précaires. Sans compter que pour les survivants, cela pouvait finir prisonnier sur parole en Angleterre ou sur les pontons anglais de sinistre réputation.

Les constructions navales aussi seront réformées. Si les bâtiments ont encore des coques en bois et sont encore propulsés à la voile, les grandes transformations technologiques n’apparaitront que quelques décennies plus tard, la standardisation qui a fait son apparition sous Louis XVI, sera la règle. Seront construits en série plus ou moins importantes des vaisseaux de 118, 80, 74 canons et des frégates de 12, 18 et 24, suivant le calibre de leur artillerie.

Avec cette volumineuse étude, qui balaie tous les domaines de la Marine, écrite dans un style clair, agréable à lire, Sophie Muffat donne vie aux marins du Consulat et de l’Empire, grands oubliés de l’histoire navale.

CV(H) Gérald BONNIER
17/04/2022

Les marins de l’Empereur
Sophie Muffat
Préface de l’amiral Rémi Monaque
Editions SOTECA

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