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Au cœur des mondes polaires

Lors que les crises se succèdent (épidémie, guerre en Ukraine) ; on pourrait croire l’attention pour les pôles comme une lubie de quelques spécialistes ou amoureux de ces régions. Cependant, plusieurs événements récents rappellent leur importance. Ainsi, la France a accueilli la 43ème Réunion Consultative du Traité sur l’Antarctique (RCTA) en juin 2021. De son côté, le One Ocean Summit, qui s’est tenu à Brest en février 2022, a également permis d’évoquer la demande de classement de la Mer de Weddell et de l’Antarctique Est parmi les Aires Marines Protégées. Enfin, la parution, quelques jours plus tard, du 2ème volet du sixième rapport d’évaluation du GIEC, a souligné que la dégradation de l’Arctique entraine la disparition d’écosystèmes et d’espèces.

En effet, l’évolution de l’environnement des zones australes et boréales est déterminante, car il s’agit des : « gardiens des grands équilibres de notre Terre ». SAS le Prince Albert II de Monaco, le rappelle de manière claire dans la préface de l’ouvrage : « Le réchauffement climatique est ses effets sur les régions polaires concernent tous les états, même ceux qui, comme Monaco n’ont ni territoire, ni intérêts stratégiques dans ces régions ». Cette déclaration illustre d’ailleurs parfaitement l’engagement de la principauté pour la préservation de l’Arctique et de l’Antarctique, depuis plusieurs décennies (le Prince Albert II étant d’ailleurs le premier chef d’Etat à avoir foulé le pôle Nord, en 2006).

Pour autant, ces espaces restent encore méconnus du grand public. L’ouvrage de Roger Calgaro, directeur général de l’institut océanographique Albert Ier, Prince de Monaco contribue donc à la pédagogie nécessaire sur les pôles. Abondamment illustré, il permet de prendre conscience des enjeux communs de deux mondes a priori dissemblables. L’un, au nord est un « merritoire », c’est-à-dire un océan entouré de zones émergées faiblement habitée, où la compétition économique et politique existe depuis longtemps. Le second, au sud, est un territoire entouré de mers, désert en dehors de bases scientifiques, et qui fait l’objet d’une sorte de gel, au moins de façade, des ambitions jusqu’en 2048. L’auteur permet également de mieux comprendre les caractéristiques de ces deux environnements. Il illustre les évolutions de ces zones du fait des impacts qu’ils subissent d’un choc climatique présenté comme sans précédent, et les effets négatifs sur le reste du monde entrainés par leur dégradation.

Alors quel avenir pour les pôles ? Le constat pourrait paraitre peut alarmant. Les récentes déclarations du GIEC, et les risques liés à l’émergence de nouvelles ambitions politiques et économiques semblent le confirmer. Mais l’auteur dans sa conclusion déclare : « Cependant, le pire n’est jamais certain, et c’est pour cela qu’il ne faut pas s’y résigner. L’opinion publique mondiale montre la voie […] Et son poids grandit, tant auprès des gouvernants que de différents acteurs économiques ».

CF(R) Ulrich-André RENAULDON
13/03/2022

Au cœur des mondes polaires
Robert Calcagno
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