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Les Marins français 1789-1830

La période révolutionnaire fut une catastrophe pour la Marine. La France disposait en 1789 de 71 vaisseaux, 64 frégates et 80 bâtiments de moindre importance. La flotte était armée par des officiers dits du Grand Corps, des officiers auxiliaires de grande qualité et des équipages en nombre suffisant. Les ordonnances remarquables du maréchal de Castries promulguées en 1786,  l’organisaient parfaitement . Certes le pays était en banqueroute, notamment à cause des dépenses considérables engagées lors de la guerre d’Indépendance américaine, mais on pouvait espérer que le royaume se redresserait peu à peu.

Nous ne le saurons jamais, la Révolution balaya tout sur son passage et particulièrement la Marine, ce « bel instrument », comme la qualifie le vice-amiral d’escadre ( 2S) Éric Schérer, à qui il fallait un certain courage pour se pencher sur l’histoire de la Marine pendant cette période et notamment les réformes et les mouvements qu’elle a subis jusqu’à la Restauration.

Après les deux excellents, complets et stupéfiants ouvrages consacrés aux Uniformes des officiers de la marine, 1830-1940 paru en 2011, et aux Équipages et fonctionnaires de la marine, Corps et uniformes, 1830-1940, paru en 2017, cet ancien sous-marinier s’est plongé dans l’histoire des Marins français 1789-1830 et a sous-titré son essai afin de préciser qu’il s’agissait d’une Étude du corps social et de ses uniformes.

Si en la matière, les décrets existent, ils sont peu explicites, tout comme l’évolution des appellations et grades, sans cesse modifiés et l’iconographie est quasiment inexistante. Éric Schérer s’est appuyé sur les fonds de la Sabretache et les dessins du peintre de la Marine Auguste Goichon (1890-1961). Ce dernier a réalisé des représentations, notamment des matelots alors que, comme le souligne l’auteur, aucun uniforme n’existait officiellement.

Il reste qu’Éric Schérer, en s’appuyant sur tous les textes officiels parvient à la fois à décrire l’histoire même de la Marine durant ces périodes ainsi que l’évolution des uniformes et des armes.

Les amiraux furent affublés pendant quelques années du même uniforme que les généraux de l’armée de terre. C’était pour la bonne cause, il fallait, selon le Comité du salut public qu’ils soient reconnus, « et que nul autre à leur place ne puisse donner des ordres et compromettre le salut des troupes de la République ». À noter, pour l’anecdote, que la généralisation du col renversé devait marquer le nouveau régime.

L’uniformologie consulaire puis impériale est remplie de surprises, d’autant que Bonaparte avait un « attrait immodéré pour l’uniforme de l’infanterie. » Les matelots furent affublés de shakos, de chapeaux haut de forme, ce qui consterna les équipages. La Restauration ne fut pas plus pratique en instituant une sorte de casque dit à chenille. Mais l’on voit déjà vers 1825, cette sorte de galette qui se transformera peu à peu en casquette et dont les officiers s’empareront.

L’auteur aime les détails. Les broderies, les « vagues » sous l’empire et enfin les feuilles de chêne sur les habits des officiers, comme les différentes épaulettes et les épées, les sabres briquets, rien ne manque dans ses descriptions. Une annexe finale reproduit les boutons des uniformes portés de 1789 à 1830.

Le lecteur peut ainsi rencontrer ces marins emportés par la tourmente, les suivre, comparer les aberrations administratives révolutionnaires avec certaines nouveautés. L’amiral Schérer a réalisé là une synthèse difficile que l’on apprécie à chaque chapitre.

L’auteur entretient personnellement un site internet où, en plus de la bibliographie étendue de ses ouvrages (textes réglementaires), il publie régulièrement du contenu relatif aux marins, à leurs uniformes et à leurs traditions, sous forme de courts articles ou de posts (blog): www.marins-traditions.fr 

Bertrand Galimard Flavigny
02/02/2022

Bertrand Galimard Flavigny, membre du comité de lecture de l’ACORAM, est chroniqueur à la Gazette de l’hôtel Drouot et a collaboré à Historia et au Figaro. Ecrivain. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’histoire des ordres et décorations aux éditions Gallimard et Perrin. Ancien CF (RCit), il a également publié « Pour un embarquement », un guide pour les réservistes, dans lequel il donne les origines des comportements et des traditions marine. 

Les Marins français
1789-1830,
Étude du corps social et de ses uniformes.
Vice-amiral d’escadre Éric Schérer,
Bernard Giovanangeli éditeur/Musée national de la Marine

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