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Bravo Zulu


A Islande !

1904. Les goélettes partent de Paimpol pour aller « à Islande » à la pêche à la morue. A bord, outre le capitaine et un second qui représente les armateurs, une poignée de pêcheurs, forçats de la mer, mène pendant toute la campagne de pêche une vie effroyable, subissant un travail éprouvant dans un inconfort complet, à la merci des éléments. A Islande, les tempêtes sont rudes et les bateaux peu manœuvrants, parfois trop proches les uns des autres, risquent la fortune de mer

Le Catherine affronte la tempête, mais n’y résiste pas : le capitaine et son second se sont plus intéressés à augmenter le produit de la pêche qu’à assurer la navigation. Le bateau, drossé sur les récifs, vient se coucher le long de la falaise. Les marins, parmi lesquels Léquéré, un ancien, et Kerano, un jeune instituteur qui s’est emballé pour la pêche en lisant Loti, gravement blessé à la main et presque mort d’épuisement, vont vivre à terre jusqu’à ce qu’un autre bateau puisse venir les prendre.

A terre, à Faskrudsfjordur, un hôpital, tenu par des religieuses dirigées par Sœur Elisabeth, accueille depuis des années bien-portants et malades et les rassérène pendant l’escale. Mais cette année, la République a décidé de prendre sous son aile les marins et a créé un hôpital civil tenu par un médecin et une jeune infirmière, Marie Brouet. Celle-ci a été convaincue de venir par le salaire mirobolant qui lui était offert pour prendre le poste.

L’intrigue du roman se construit autour de ces quatre personnages auxquels s’ajoutent Eilin, institutrice locale et son père Arthur.  Au milieu du paysage extraordinaire de l’Islande où les eaux chaudes reposent les corps mais où les tremblements de terre menacent, chacun va jouer sa vie dans les jours qui suivent le naufrage du Catherine.

Le récit est prenant. Toutefois, dans sa deuxième moitié, le roman adopte un ton plus social et cette tendance prend quelque peu le pas sur les personnages. Peu de choses résistent alors au laminoir de l’auteur, ni la République, ni la religion, ni les armateurs, ni les notables bretons, à la conduite dénoncée avec vigueur face à une ardente défense des intérêts des marins. Le récit pourtant semblait se suffire en lui-même à montrer l’effroyable condition de ces hommes et l’injustice qu’ils subissaient. Certains dialogues perdent de leur spontanéité, parfois remplacés par des déclarations qui détonent quelque peu dans des bouches qui, au départ, n’y semblaient pas préparées.

Il est à noter également une curiosité dans l’écriture : le titre de chaque chapitre est constitué du dernier morceau de phrase du chapitre en question. Voilà qui intrigue et conduit à des retours en arrière à fins de compréhension ou de vérification. Mais pourquoi pas ?

LV(H) Bruno LEUBA
10/01/2022

A Islande !
Ian Manook
Paulsen

Voir également la recension du CDC(H) Claude LAVASTE et du LV(H) Dominique RENIE

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