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À bord des galères

L’album sur les navires submersibles rédigé par Jean-Benoît Héron et Jean-Yves Delitte en 2020 nous avait déjà séduits et impressionnés. Que dire alors de ce nouvel ouvrage ?

Tout d’abord, il ne faut pas se fier au titre : le terme de « galères » fait songer instinctivement à celles du siècle de Louis XIV, si souvent évoquées (et généralement de manière parfaitement aberrante, j’en demande pardon aux mânes de Pierre Fresnay) dans les romans et les films.

Or, il s’agit ici d’une œuvre bien plus ambitieuse, puisqu’elle étudie pratiquement toutes les embarcations à rames ayant existé dans l’Histoire, depuis les pirogues monoxyles du néolithique jusqu’aux « frégates d’Archipel » suédoises, victorieuses de la flotte russe à Svensksund en 1790, en passant par le « keftion » et le « képen » de l’ancienne Égypte, la légendaire trière grecque, le « langskip »viking (un grand bravo à l’auteur pour avoir fait justice de ce stupide néologisme de « drakkar », apparu seulement … en 1840), la « galée » médiévale et, bien sûr, les galères du Roy. Encore ne se limite-t-elle pas à l’Europe, puisqu’elle évoque aussi les jonques à rames chinoises et japonaises, et surtout ces imposantes pirogues polynésiennes capables de parcourir d’incroyables distances sur les eaux du « Grand Océan ».

Je n’ignore pas qu’un compte rendu qui se respecte doit obligatoirement comporter des critiques, mais là, franchement, je reste à quia. Ah si, tout de même ! Bien que limité à un certain nombre de pages par les exigences de son éditeur, peut-être les auteurs auraient-ils pu accorder une brève mention aux galères de l’Ordre de Malte qui, structurellement, ne différaient guère de celles de France, mais furent pendant deux siècles la pépinière et l’école d’application de leurs officiers. D’autre part, si on ne peut qu’admirer l’extraordinaire précision des « écorchés » des diverses parties d’une galère de Louis XIV, ainsi que les superbes panoramas des arsenaux de Villefranche-sur-Mer et de Marseille au temps de leur splendeur, pourquoi avoir présenté les galériens sous un jour misérabiliste, voire caricatural ? Certes, leur vie était rude, mais l’était-elle plus que celle des paysans de cette époque, et surtout celle des marins du commerce, contraints de naviguer pendant de longs mois par tous les temps, alors que les campagnes des galères n’excédaient pas huit semaines et se déroulaient généralement pendant la belle saison ? Quant aux « espaliers » et aux « vogue-avant », spécialistes volontaires et bien payés, même le plus brutal des comites n’aurait jamais osé les enchaîner ou leur donner des coups de bâton (page 53), car, en cas de maltraitance, ils se seraient bien gardés de revenir s’engager pour les campagnes suivantes, privant ainsi le corps des galères de leurs indispensables compétences.

Mais ce ne sont là que des détails. Une fois encore, Jean-Benoît Héron et Jean-Yves Delitte ont su nous offrir, avec leur talent habituel, un ouvrage passionnant, merveilleusement illustré et rigoureusement documenté. Bref, un nouveau et brillant succès à leur actif…

CV(H) Philippe HENRAT
Membre de l’Académie de Marine
06/12/2021

À bord des galères
Jean-Benoît Héron et Jean-Yves Delitte
Glénat

Ecoutez l’interview de Benoît Héron par José-Manuel Lamarque, le 25 février 202,  dans les « Chroniques littorales » de France Inter, à propos de son ouvrage A bord des Galères, chez Glénat :

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