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Retrouver la Minerve

Retrouver la Minerve pour donner une sépulture aux marins disparus en service commandé avec leur bâtiment lors de son naufrage survenu devant Toulon au matin du 27 janvier 1968. Retrouver la Minerve pour tenter de comprendre pourquoi ce sous-marin à hautes performances, commandé par le lieutenant de vaisseau André Fauve, s’est perdu corps et biens à l’issue d’une semaine d’exercices en mer.

Cinquante et une années ont été nécessaires pour atteindre ce double objectif. Cinquante et une années qui nous sont restituées par Hervé Fauve, fils aîné du Commandant du sous-marin, et Léonard Lièvre, journaliste.

Le récit s’ouvre sur l’appel de l’équipage – 52 noms, 52 visages – et sur sa citation à l’ordre de l’armée de mer. Les premières pages décrivent la Minerve en janvier 1968, la nomination d’un nouveau commandant, l’ambiance du bord, les préparatifs de la semaine d’exercice, puis l’exercice lui-même. Le 27, l’incroyable nouvelle se répand : la Minerve n’est pas rentrée. Les recherches commencent, le drame atteint les familles qui apprennent l’une après l’autre la disparition d’un proche. La Marine déploie d’immenses efforts de recherche et la France vit au rythme de la tragédie, mais le 1er février les recherches sont interrompues, car il n’y a plus d’espoir. Le 8 février, un hommage solennel est rendu aux marins en présence du général de Gaulle. Celui-ci voulant marquer d’un geste fort toute la part qu’il prend à cet évènement, embarque sur l’Eurydice, sistership de la Minerve, et y effectue une plongée de quelques heures.

Une commission d’enquête est nommée, qui n’a que peu d’éléments d’analyse à sa disposition, des recherches infructueuses sont à nouveau entreprises sur la zone en 1969. En 1970, l’Eurydice coule à son tour, mais est retrouvée en deux semaines. Nouvelles recherches de la Minerve, mais sans plus de résultats. Le dossier est classé confidentiel. Le silence retombe sur la Minerve.

Une autre tragédie commence alors, celle des familles qui se sentent abandonnées par la Marine, qui ne reçoivent plus aucune information, et qui ne peuvent accepter l’oubli de leurs morts et l’incompréhension de ce qui s’est passé. La description de ces longues années, terribles pour les parents, les épouses ou les enfants des disparus est poignante. Les plus anciens meurent, ils ne sauront jamais. Les plus jeunes ne peuvent échapper à ce souvenir qui les hante. Des cérémonies ont lieu, des rencontres, on célèbre des anniversaires, mais les années passent.

Pourtant, des actions se poursuivent, à l’initiative de quelques-uns dont la ténacité est exemplaire. Parmi eux, Hervé Fauve, se sent responsable d’avancer, d’avancer toujours. Il y a des espoirs, la Marine comprend que cette situation d’échec est insupportable, que bien des choses ont changé depuis 1968, en particulier dans les technologies de recherches sous-marines. C’est l’honneur de quelques-uns d’avoir alors voulu aller enfin au terme de cette tragédie, malgré les incertitudes. Grâce à de nouvelles études de localisation effectuées par le Service Hydrographique de la Marine, à l’accord donné pour la participation d’une entreprise américaine disposant d’un sous-marin de grande profondeur, le Seabed Constructor, tout converge enfin et le 21 juillet 2019, l’épave est retrouvée par 2370 m de fond. Les lettres rouges MIN sont lisibles sur les restes du kiosque. Sur la base des observations effectuées, un rapport complet d’analyse des causes du naufrage est établi par un expert et rend des conclusions solides. Dans les Guerres du Péloponnèse, Thucydide raconte les trêves entre combattants destinées à permettre aux survivants de ramasser les morts sur le champ de bataille afin de leur donner une sépulture. Les familles des marins et tous ceux qui ont contribué à Retrouver la Minerve ont agi à leur image. Ce livre qui se lit passionnément en est le témoignage puissant.

LV(H) Bruno LEUBA
14/09/2021

RETROUVER LA MINERVE
Hervé Fauve – Léonard Lièvre
Editons Konfident

Voir également la recension du CF(H) Alain M. BRIERE

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