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Bravo Zulu


A perte de vue la mer gelée

« Vers l’an 325 avant notre ère, Pythéas le Marseillais largua les amarres d’un petit navire de commerce phénicien, plus ventru qu’une galère, marchant à la voile mais également pourvu d’avirons. Il contourna la péninsule ibérique et mit le cap sur l’Etoile polaire, aussitôt franchies les colonnes d’Hercule.»…

Jean-Benoit Héron « Ces bateaux qui ont découvert le monde » – Glénat, 2015.

« Ecrire une biographie de Pythéas, avec les seuls éléments avérés tiendrait sur une demi-page ». François Garde, qui a comblé ces vides, nous en conte – avec talent – la destinée.

Pythéas, négociant avisé, appartient à une lignée respectée. Sa ville, gouvernée par une sage oligarchie, a compris que les liens pacifiques du commerce étaient plus stables et plus durables que ceux résultant de pitoyables victoires militaires.

Le Marseillais fait donc ses humanités en Grèce, s’épanouit dans des marchandages bien menés et se forme à la dure école du commandement d’un navire marchand. La maturité atteinte, pour développer les échanges avec l’autre Bretagne, il s’en va vers le nord. Au fil du temps qui passe, il remonte les archipels du Septentrion, rêvant d’en passer le dernier îlot pour aller là où les jours dévorent les nuits.

Il séduit des commanditaires pour ce projet au risque énorme, aux bénéfices imprévisibles, trouve des bâtiments,  choisit leurs équipages et part vers des horizons infinis, incertains.

Il atteindra une île – peut-être est-ce l’Islande ? – qu’il nommera Thulé. Sa terre est infertile, ses paysages sont austères, il poursuit néanmoins, cap au Nord. Le mauvais temps revient, la mer se prend en glace, il est plus que temps de rentrer. Son retour – un triomphe – sera suivi d’un deuxième voyage allant vers le nord-est et ses richesses d’ambre. Le Pont-Euxin se dérobe au retour. Il a réussi, il a échoué…

La gloire sera pour lui. Il verra Alexandre, il écrira sur l’Océan : voyages, observations, astronomie, terres du nord. Un traité de navigation, en somme…

Le succès sera immédiat et ses livres s’arracheront. Jalousie et contestation seront, bien-sûr, au rendez-vous :  tout sera mis en doute. L’oubli viendra et ses écrits disparaîtront.

Il est le premier navigateur scientifique…

Il y a de multiples raisons d’apprécier l’ouvrage de François Garde, au style remarquable. Si, par nécessité, la forme est romancée, la culture étaye un récit qu’enrichit l’expérience évidente du monde et des hommes.  

Poésie et rythmes aidant, les sillages d’Ulysse et de la nef Argo sont proches, juste au-delà de l’horizon…

CF(H) Jean-Paul BILLOT
Président, comité de lecture de l’ACORAM
Prix Marine Bravo Zulu
15/07/2021

François Garde
A perte de vue la mer gelée
Paulsen, 2021

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