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Bravo Zulu


Tant qu’il reste des îles

Une île, un homme. Un pont en construction pour relier l’île au continent, un homme, Léni, en déconstruction : sa mère se perd dans les méandres de sa vieillesse, sa femme est partie emmenant sa fille Agathe… Seule la mer est toujours là, qui le tient, le retient, le soutient, à travers des fugues audacieuses effectuées à l’aube à la barre d’un dériveur et superbement évoquées. Et aussi son métier – il répare des bateaux – mais le chantier naval sur l’île a-t-il un avenir ? Et le récit s’articule autour de ces deux questions : une île a-t-elle besoin d’un pont ? Et l’homme, lui, que lui faut-il ?

Le livre entraîne le lecteur au rythme de la construction du pont, fondations, piles, tablier… et de l’anxiété et de la colère des îliens face à ce qu’ils appellent le monstre, – le pont, dit l’un d’eux, c’est la fin de la poésie -, tandis que Léni se démène en solitaire pour préserver ce qui compte pour lui, son travail, le chantier naval, son patron Marcel, ses week-ends avec Agathe, à la recherche de l’étincelle qui lui apportera un peu de bonheur, comme une façon de poser son sac après une traversée houleuse, pour se confirmer qu’il ne sera jamais tout à fait un perdant.

Martin Dumont nous offre, écrit à la première personne dans une langue quotidienne et expressive, un roman prenant, peuplé de nombreux personnages attachants, îliens et marins solides et inquiets, attachés à leur île, pleins de la richesse de leur compagnonnage, ne sachant pas très bien de quoi l’avenir sera fait. La mer y est à la fois dure et enchanteresse ; elle a façonné les hommes, les paysages, le mode de vie, les traditions, elle est envoûtante, chacun l’aime à sa manière, mais quand tout change trop vite – avec le pont, même la mer ne sera plus pareille – comment continuer à vivre ? S’il faut se battre, ce sera pour quelle victoire ?

C’est l’histoire d’une île. Une île au large de l’espoir, disait Jacques Brel. Et de quelques hommes, comme Léni et Marcel : « j’étais trempé d’embruns, on rattrapait les vagues, on surfait dessus. Des princes. » Tant qu’il reste des îles, ou le début de la poésie.

LV(H) Bruno LEUBA
18/04/2021

Tant qu’il reste des îles
Martin Dumont
Editions Delcourt – collection les Avrils

Voir également la recension du CF(H) Philippe BEAUCHESNE et la recension du LV(H) Dominique RENIE

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