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Bravo Zulu


Chef de guerre

L’ouvrage vient d’être l’objet d’une médiatisation relativement importante et son auteur, ancien des commandos de Marine a accordé plusieurs interviews qui ont piqué ma curiosité.

Etudiant en fac sans trop de motivation, Louis Saillans s’engage dans l’Armée de l’Air puis bifurque dans la Marine pour suivre les stages d’entraînement des commandos. Comme on se l’imagine, la préparation n’a rien d’une promenade de santé et les instructeurs donnent de la voix à rendre sourds les stagiaires. Marches forcées, plongeons dans l’eau glacée, maniement d’armes, débarquements périlleux et autres exercices de survie sont le quotidien des candidats au béret vert qui tous peuvent partager la devise des Navy Seals : La seule journée facile c’était hier. Le dépassement de soi, la solidarité et la résilience s’acquièrent au prix d’efforts poussées jusqu’à l’hallucination. Seuls quinze pour cent en moyenne, sortent brevetés de ces trois mois de stage. Ces marins d’élite, dans la lignée des commandos Trepel, Kieffer et autres Jaubert, rejoignent alors les forces spéciales sous les ordres du Chef d’état-major des Armées et sous l’autorité directe du Président de la République.

Comme les SAS anglais, les Navy Seals américains, les Spetsnaz russes ou les Siberian Tigers chinois, les forces spéciales françaises sont de véritables couteaux suisses en complément des forces conventionnelles. Elles agissent dans l’anonymat en accomplissant des missions coup de poing, en recherchant des renseignements, en saisissant des objectifs et elles sont plus généralement dédiées à des missions de haute valeur dans un environnement de conflits asymétriques.

L’auteur nous relate certaines de ses missions en Afrique et au Moyen-Orient à la tête d’un petit groupe d’hommes très aguerris et rompus aux combats en milieux hostiles. Qu’il s’agisse d’exfiltrer des otages, de récupérer un G.I. prisonnier d’un groupe djihadiste ou de capturer un chef rebelle, les forces spéciales sont mises à contribution. Elles bénéficient souvent de l’appui des forces conventionnelles sur le terrain. L’emploi de l’hélicoptère est devenu indispensable et celui de drones de plus en plus sophistiqués, est souvent déterminant pour ‘éclairer’ une cible avec précision.

Toutes ces missions sont accomplies avec ou sans état d’âme mais toujours avec le souci de limiter les casses tant civiles que militaires. Un encart photographique évocateur de ces missions et quelques aphorismes sur les valeurs de l’armée et du vivre ensemble accompagnent le récit par ailleurs peu tonique.

A propos de la lutte au Sahel, Louis Saillans pense avec raison, que nul ne peut tuer une idée avec une balle. Les djihadistes le savent bien, convaincus que leur guerre ne finira jamais tandis que nous avons tendance à croire que cette guerre comme les autres, est circonscrite dans le temps. Les armes gagneront certes des batailles, mais c’est principalement par la confrontation idéologique que se gagnera la guerre.

Après une décade coiffé du béret vert, l’auteur entend continuer le combat dans la société civile.

CF(H) Alain M. BRIERE
10/03/2021

CHEF DE GUERRE
Au cœur des opérations spéciales avec un commando Marine

Louis Saillans
Mareuil Editions

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