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Fortunes de mer, sirènes coloniales

Olivier Grenouilleau est un historien nantais, spécialiste de l’histoire de l’esclavage et des traites négrières. Dans cet ouvrage, il aborde les sujets beaucoup plus larges de l’économie maritime et de la construction, par la France, d’un système colonial et commercial dans l’espace atlantique.

Le titre de l’ouvrage souligne les espoirs placés dans ce système soumis à de nombreuses contraintes. Il n’y a pas de modèles et la réussite réside dans la capacité à saisir les bonnes opportunités. Au XVIIe siècle les négociants malouins hisseront leur port au premier rang des ports français par le commerce général. Au siècle suivant, les négociants nantais placeront le leur à cette première place, grâce à la traite négrière et au sucre des Antilles. Les négociants de Bordeaux, La Rochelle, Lorient, Le Havre sauront aussi exploiter des marchés lucratifs.

L’état exercera également une influence sur ce système colonial et commercial. Au XVIIe siècle, le désir d’importer des denrées coloniales, sans les acheter en devises à des puissances étrangères et concurrentes, l’incitera à favoriser la colonisation. Pour la France, la principale denrée sera le sucre, produit dans les plantations de la Guadeloupe, de la Martinique et de Saint-Domingue. Les engagés européens ne pouvaient fournir la main d’œuvre nécessaire à ces plantations. Peu nombreux, ils avaient d’autres ambitions. La traite négrière amènera cette main-d’œuvre et se développera du XVIIe au début du XIXe.

Dès la fin XVIIIe, les discours des Lumières et des militants de l’abolition de l’esclavage, commencèrent à faire évoluer l’image de la traite négrière et du commerce avec l’Afrique. Plutôt que de déplacer des populations, produisons chez elles. Ce qui conduira à l’exploration du continent puis à sa colonisation. A la fin du XIXe, l’empire colonial français couvrira un espace sans commune mesure avec ce qu’il était au début de ce siècle.

Enfin, au cours du XIXe, la France s’ouvre à l’industrie. La houille et les matières premières deviennent les premiers tonnages dans presque tous ses ports. Réservoir de produits agricoles pour le pays, l’Empire colonial ne joue plus alors qu’un rôle d’appoint. Dans les années 1950, il commencera à apparaitre sur le plan économique, non plus comme une « béquille », mais comme un « boulet ». Dans la décennie suivante, il disparaitra dans un mouvement généralisé de décolonisation.

Olivier Grenouilleau nous livre avec cet ouvrage une vue d’ensemble remarquable de ce que représentèrent les colonies pour la France. A son important travail personnel, il combine une synthèse de travaux réalisés sur le sujet par d’autres chercheurs. Les différents chapitres de l’ouvrage sont des articles déjà publiés isolément.

CV(H) Gérald BONNIER
24/03/2020

Fortunes de mer, sirènes coloniales XVIIe – XXe siècles
Olivier Grenouilleau
CNRS Editions

Voir également la recension du CF(H) JM CHOFFEL

Bonus : Podcast de l’interview d’Olivier Grenouilleau par Jose Manuel Lamarque pour Chronique Littorale sur France Inter

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