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Pierre Bouvet

La carrière du contre-amiral Pierre-René-Servan Bouvet de Maisonneuve ne manque certes pas d’intérêt. Enseigne de vaisseau sous la Révolution, puis armateur en course malchanceux, capturé à deux reprises par les Anglais, il est promu lieutenant de vaisseau en avril 1802 et, en février 1803, navigue aux Indes à bord de la frégate l’Atalante, dans la division de l’amiral de Linois. Il prend vaillamment part à la guerre des frégates dans la mer des Indes jusqu’au naufrage de son bâtiment au Cap, en novembre 1805. Capitaine de frégate en février 1810, il reçoit le commandement de la Minerve sous les ordres du capitaine de vaisseau Victor-Guy Duperré. Le 3 juillet 1810, il participe brillamment avec celui-ci à la capture des « Indiamen » Wyndham et Ceylon, puis joue un rôle de premier plan dans le combat du Grand Port (23-27 août 1810), au cours duquel sa Minerve et la Bellone de Duperré capturent ou détruisent quatre frégates britanniques. Passé sur la frégate ex-anglaise l’Iphigénie, il reçoit le commandement d’une petite division avec laquelle il livre un nouveau combat aux Anglais au large de la Réunion et désempare la frégate britannique l’Africaine. Promu capitaine de vaisseau, il commande la frégate l’Aréthuse qui, avec l’aide du Rubis, effectue sur les côtes d’Afrique une fructueuse campagne de course qu’elle achève, le 6 février 1813, en mettant en fuite la frégate anglaise Amelia au terme d’un combat acharné. Mis en non-activité à la Restauration, il est nommé contre-amiral honoraire en octobre 1822 et quitte définitivement la Marine pour se lancer dans la politique.

Editée par Geneviève Verdet après la disparition de son époux, cette biographie, au demeurant intéressante, repose principalement sur des sources citées dans l’introduction, à savoir le « Précis des campagnes » de l’amiral, ainsi que des textes rédigés par ses proches et de la correspondance familiale. Muni d’un index des noms de personnes, de lieux et de vaisseaux (ce qui n’est plus si fréquent) elle comporte des cartes utiles et un cahier d’illustrations d’excellente qualité.

Nous n’avons pas relevé d’inexactitude historique majeure, mais il convient toutefois de noter que, si le combat du Grand Port a été la seule victoire navale de l’Empire, en ce qui concerne la Révolution (et le Consulat) c’est oublier le combat de la Rivière noire (22 octobre 1794) qui vit les frégates La Prudente et la Cybèle chasser loin des côtes de l’île de France (déjà !) les vaisseaux anglais Centurion et Diomède, tout autant que la première bataille d’Algésiras (13 juin 1801), au cours de laquelle les trois vaisseaux du contre-amiral Durand de Linois battirent sèchement les six du contre-amiral britannique James Saumarez, s’offrant même le luxe de capturer l’Hannibal, de 74 canons.

CV(H) Philippe HENRAT
Membre de l’Académie de Marine
26/10/2019

Pierre Bouvet.
Le vainqueur du combat du Grand Port,
seule victoire navale sous la Révolution et l’Empire
20-24 août 1810,
Jean Verdet
Librairie Guénégaud

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