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Prix Marine PhotoEntete

Bravo Zulu


L’homme des phares

Professeur de littérature et membre de l’Académie du Var, Yves Stalloni révèle honnêtement d’entrée de jeu que son livre n’est pas une biographie de Michel Pacha, mais un roman biographique. Cela dit, il n’y a peut-être pas tant de différence entre les deux, car on pourrait aisément s’écrier au sujet de son héros : « Quel roman que sa vie ! ».

Né le 16 juillet 1819 à Saint-Nazaire (aujourd’hui Sanary-sur-Mer), Marius Blaise Michel, fils d’un lieutenant de vaisseau, entre lui-même dans la Marine de guerre comme mousse à l’âge de 16 ans. En 1843, il passe dans la Marine marchande où il devient officier puis capitaine sur les paquebots de la ligne du Levant des Messageries Nationales (futures Messageries Maritimes). Au cours de ses nombreux voyages en Méditerranée orientale, il conçoit minutieusement un projet très élaboré d’amélioration de la sécurité de la navigation qui lui vaut d’être nommé, le 1er août 1855, directeur général des phares et balises de l’Empire ottoman ayant rang de vice-amiral par le sultan Abdul-Medjid 1er. Au cours des années suivantes, il ne construit pas moins de 111 phares sur les côtes et îles de l’Empire turc. En 1879, il obtient également la concession des quais d’Istanbul dont il fait un port moderne. Grâce aux pourcentages qu’il perçoit sur les droits de navigation dans les eaux ottomanes et sur les marchandises débarquées à Istanbul, il accumule une fortune colossale. En outre, les distinctions pleuvent sur lui : après le titre de pacha conféré par Abdülhamid II en 1879, il est nommé comte Michel de Pierredon par le pape Léon XIII en 1882, puis beylerbey et amiral honoraire de la Flotte ottomane en 1893 par le sultan.

En France, à Sanary, dont il sera maire de 1865 à 1871 puis de 1892 à 1894, il se montre un actif bâtisseur, multipliant les constructions d’intérêt public (école, lavoir, asile pour les vieillards et les infirmes, reconstruction de la vieille église). Mais son œuvre principale est la transformation du site inhabité de Tamaris, où il finit par se retirer, en station touristique de renom international. Outre un grand hôtel et un casino, il fait bâtir l’Institut océanographique Michel Pacha, qui fonctionnera pendant un siècle, et, pour son usage, une grande demeure de style oriental, le château du Manteau (qui sera détruit après avoir subi de graves dommages en 1944-1945), entouré d’un magnifique jardin botanique (qui, lui existe toujours).

Tel est le personnage hors du commun dont le Professeur Stalloni nous retrace l’existence. Certes, il est parfois obligé de reconstituer de manière intuitive certaines scènes ou conversations, d’où la qualification de « roman » accolée à cet ouvrage, mais il a su exploiter judicieusement les documents officiels ou familiaux dont il disposait. Bref, il s’agit là d’un ouvrage rédigé dans un style attrayant, à la lecture aussi agréable qu’instructive, qui fait revivre un grand Français injustement oublié.

 

CV(H) Philippe HENRAT
26/04/2018

 

L’homme des phares.
La vie très riche et très romanesque de Michel Pacha.
Yves Stalloni
Éditions Sudarènes, Hyères

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