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Prix Marine PhotoEntete

Bravo Zulu


La Marine française pendant la guerre 14/18

Avec une parfaite logique, François Schwerer commence par analyser les vicissitudes et les errements antérieurs qui font en 1914 de la flotte française (4ème du monde en tonnage) un fatras d’unités disparates, frappées d’obsolescence avant même leur lancement. Comble de malchance, en cette période cruciale du début de la guerre mondiale, le ministère de la Marine est occupé par Victor Augagneur, un médecin aussi autocratique qu’incompétent en matière maritime. En fait, il faudra attendre octobre 1915 pour voir enfin ce poste-clé occupé par un marin : le contre-amiral Lucien Lacaze, très critiqué par certains de ses pairs, mais que l’auteur porte aux nues (et pour cause, son arrière-grand-père, le contre- amiral Antoine Schwerer, dont il utilise abondamment les écrits, en ayant été le chef de cabinet).

La vérité se situe sans doute entre ces deux extrêmes, mais il est certain que l’amiral Lacaze a su faire transiter la Marine de sa doctrine stratégique originelle et désormais périmée (la recherche du combat d’escadre décisif) à sa nouvelle et capitale mission, la protection des lignes de communication maritimes essentielles pour le pays tout en développant de nouveaux moyens d’action tels que l’aviation maritime et la lutte anti sous-marine.

Toutefois, « l’effort silencieux et modeste, magnifique d’abnégation et de ténacité que fournirent nos marins, n’a été qu’imparfaitement compris» par la nation, Pourtant, à côté d’épisodes héroïques et spectaculaires, tels que le combat acharné livré par les fusiliers-marins à Dixmude ou cette version navale de la Charge de la brigade légère que fut la meurtrière tentative de forcement des Dardanelles  (« C’est bien plus beau lorsque c’est inutile » aurait dit Cyrano) il reste cette tâche difficile, fastidieuse et  ingrate qu’est la protection des convois apportant en France ces approvisionnements vitaux   à défaut desquels l’industrie française se serait arrêtée, entraînant, en 1917, l’effondrement du front en trois semaines.

Comme l’a écrit Étienne Taillemite, seuls « Georges Leygues et André Tardieu ont compris que ce conflit avait été gagné sur mer lorsque les Alliés, à la fin de 1917, ont définitivement acquis la maîtrise des communications ».

François Schwerer décrit avec une précision et une exactitude méthodiques le déroulement de cette guerre navale, insistant sur certains épisodes oubliés, tels que le sauvetage « acrobatique » des 150.000 hommes de l’armée serbe ou la contribution active à l’escorte des convois amenant en Europe plus d’un million de soldats américains. Bref, son livre est aussi passionnant qu’instructif sans jamais tomber dans un didactisme ennuyeux. On peut déplorer un peu trop de coquilles, dont l’auteur ne peut être tenu pour responsable ainsi que deux ou trois erreurs sur des points très mineurs. Mais oublions ces détails et plongeons-nous dans cette belle (et parfois triste) histoire. Puisse-t-elle préfigurer les honneurs que l’on rendra – du moins peut-on l’espérer – à nos marins le 11 novembre prochain, ces honneurs que des politiciens ignorants et une opinion publique mal informée leur avaient refusé un siècle plus tôt.

 

CV(H) Philippe HENRAT
26/04/2018

 

La Marine française pendant la guerre 14/18
Quand on n’a fait que son devoir,
François Schwerer
Editions Temporis

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