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Prix Marine PhotoEntete

Bravo Zulu


Pour les trois couleurs

Pour qui a dû « faire avec » les exploits d’Horatio Hornblower et de Richard Bolitho – en résumé : « Bloody Frogs ! » – la publication de « Pour les trois couleurs», début d’une saga prometteuse, arrive comme une revanche, depuis bien longtemps espérée.

Les éditions Paulsen qui rééditent ce premier volume – objet en 2016 d’une mention de l’Académie de Marine – vont publier la suite des aventures de Gilles Belmonte, engagé dans la Marine Royale à l’âge de treize ans et présentement – 1798 – commandant de l’Egalité frégate de 18 de la République.

Pour mener à bien une mission qui va l’emmener aux Antilles, il devra recruter (voire débaucher), à droite et à gauche l’équipage de la frégate dont il vient de recevoir le commandement. Il en assurera l‘armement, par des moyens peu orthodoxes et devra faire route, avec à son bord quelques passagères – entre autres Camille, « la jolie tigresse » – dont le convoyage risque de lui causer des soucis. L’omniprésente et redoutable Royal Navy ne lui facilitera évidemment pas la tâche.

Belle mission, certes, mais combien difficile à mener à bien dans l’état où se trouve la Marine, vers la fin de la tourmente révolutionnaire.

Au-delà d’un scénario, passionnant, l’intérêt du lecteur est renforcé par l’aisance dont fait preuve Fabien Clauw dans plusieurs domaines, parfaitement maîtrisés.

L’auteur est un marin – un vrai – qui sait admirablement décrire la mer dans tous ses états, les manœuvres des bateaux et leurs réactions. A l’évidence, c’est un expert, de très haut niveau.

Il a un œil de metteur en scène, cadreur et cinéaste. Ses chapitres sont une succession de tableaux hauts en couleur, que l’on verrait très bien portés à l’écran. L’arrivée à bord de « la jolie tigresse » en est un exemple, mais il en est bien d’autres, tous aussi réussis.

Le comportement de ses personnages – en particulier ceux qui exercent des responsabilités – sonne juste. Confronté à de vrais problèmes : maîtrise de soi, commandement, motivation de l’équipage, Gilles Belmonte va acquérir l’aura qui, de nos jours encore, entoure « un capitaine de vaisseau ayant commandé à la mer ». L’auteur, dans sa carrière, a dû – à coup sûr – affronter de tels défis et utilise ici les enseignements qu’il en a tirés.

Et puis, il y a quelques très belles scènes de bataille, où – pour une fois – un équipage français a le dessus. Rappelons à ce propos que la bataille d’Algésiras – victoire française – est, par sa date : 1801, fort proche des combats de Gilles Belmonte et que la prise du Kent par la Confiancede Robert Surcouf eut lieu en 1800. Donc, rien d’invraisemblable dans l’intrigue : les « marins de l’an II », quand ils étaient proprement équipés, entrainés et commandés, savaient se battre avec courage et, parfois, avec succès.

Comme le fait l’équipage de Gilles Belmonte, à qui nous souhaitons bon vent et bonne mer vers des aventures attendues avec impatience, car leur lecture est plus qu’agréable aux actuels marins de la République.

CF(H) Jean-Paul BILLOT
Président, Comité du prix littéraire ACORAM

Pour les trois couleurs
Fabien Clauw
Editions Paulsen

Voir aussi la recension du CDC Claude LAVASTE et celle du CV(R) Marc LEVATOIS

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