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Prix Marine PhotoEntete

Bravo Zulu


Boué de Lapeyrère. 1852-1924. L’amiralissime gascon

Bien connu des historiens pour son remarquable Dictionnaire des ministres de la Marine, 1689-1958, le professeur Jean-Philippe Zanco nous offre aujourd’hui un petit livre fort attachant: la première biographie de cette personnalité haute en couleurs que fut le vice-amiral Gaston Boué de Lapeyrère.

Surprenante destinée, en vérité, que celle de ce marin né au cœur de la Gascogne, bien loin des côtes de France, entré dans la Marine sans vocation réelle, sorti dernier de l’École navale où il fut noté « peu intelligent » par ses instructeurs. C’est au service actif qu’il se révéla, durant la guerre franco-chinoise, et en particulier lors de la bataille de Fou-Tchéou (24 août 1884), où sa conduite lui valut les félicitations de l’amiral Courbet. Après avoir ensuite alterné commandements à la mer et postes à terre, confirmant sa réputation acquise en Asie, il devint, le 6 août 1902, le plus jeune contre-amiral de la Liste navale.

Nommé ministre de la Marine le 24 juillet 1909, il découvrit alors tous les problèmes de celle-ci : les séquelles des errements de la Jeune École, les budgets insuffisants, les intrigues de la Troisième République. Pendant les trois ans où il exerça ses fonctions, il déploya des efforts impressionnants pour lancer la modernisation des structures de la Marine et accélérer le renouvellement de la Flotte. Nommé le 1er mars 1911 au commandement de l’armée navale de la Méditerranée, il mena, conjointement avec les Anglais, une remise à niveau des navires et des équipages.

Au début de la guerre, Boué de Lapeyrère devint commandant en chef interallié (« amiralissime ») en Méditerranée et remporta quelques succès, mais sa sous-évaluation du danger sous-marin, ses choix stratégiques et aussi la jalousie de certains de ses pairs le poussèrent à démissionner en octobre 1915 et à quitter le service actif.

Après avoir échoué en politique, il se retira dans son Gers natal où il décéda le 16 février 1924. Quelques années plus tard, en 1931, il fut inhumé aux Invalides.

Tel est le personnage dont le professeur Zanco trace, en moins de 200 pages, un portrait plein de vie. Si cela peut paraître un peu bref, ce petit ouvrage rédigé dans un style alerte offre un excellent portrait d’un amiral injustement oublié qui joua un rôle non négligeable dans la renaissance de notre Marine au XXème siècle.

Certes, les lecteurs pointilleux lui reprocheront une ou deux erreurs de détail : la division navale allemande de l’amiral Souchon n’était pas composée de deux croiseurs-cuirassés (p.130), mais d’un croiseur de bataille (le Goeben) et d’un croiseur léger (le Breslau) ; quant aux trois cuirassés Provence, Bretagne et Lorraine (p. 143), seul le premier fut sabordé à Toulon en 1942 (et non 1941), la Bretagne ayant été coulée par les Anglais à Mers-el-Kébir en 1940 et la Lorraine ayant poursuivi sa carrière jusqu’en 1953. Néanmoins, ce ne sont là que peccadilles et ce livre constitue une lecture aussi agréable qu’instructive pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Marine française.

CV(H) Philippe HENRAT
03/04/2017

ZANCO (Jean-Philippe),
Boué de Lapeyrère. 1852-1924. L’amiralissime gascon.
Orthez, éditions Gascogne, 2016, 175 pages.

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