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Prix Marine PhotoEntete

Bravo Zulu


Mémoire de M. Le marquis de Bouillé pendant son administration aux Isles du Vent de l’Amérique

CouvertureBouilleFrançois Claude Amour du Chariol, marquis de Bouillé, né en 1739 au château de Cluzel, Saint-Eble en Auvergne et décédé en 1800 à Londres, est mentionné – en des termes peu sympathiques – dans le cinquième couplet de la Marseillaise, qu’heureusement on ne chante jamais dans les stades. Il a, en effet, courageusement, assumé toutes les responsabilités dans l’organisation de la fuite de Louis XVI,  terminée à Varennes, ce qui lui a valu d’être proscrit par la Constituante. Pour rester dans le domaine musical, il et fut probablement le compositeur de la chanson célèbre “Adieu foulards, adieu madras” (peut-être à partir d’une mélodie locale). Mais, comme ses mémoires le prouvent, il a fait bien d’autres choses.

Après une carrière militaire, il est nommé en 1768, gouverneur de la Guadeloupe et en mai 1777, gouverneur de la Martinique et de Sainte-Lucie avant de devenir gouverneur général des colonies françaises des îles du Vent de juillet 1777 à avril 1783.
Il se trouve alors  à même de faire jouer à celles-ci un rôle capital  dans la guerre d’indépendance des États-Unis, car, base navale, elles sont une  préoccupation constante pour les Britanniques contraints de maintenir des vaisseaux de guerre et des  garnisons dans cette région pour protéger leurs colonies d’Amérique. Après une période où ses instructions ont été de  protéger les Américains en ménageant les Anglais, le début des hostilités lui permet de s’emparer de la Dominique. « C’est là ou commença le temps le plus intéressant de mon administration…dans laquelle j’ai été obligé de lutter contre les obstacles et les embarras qui se sont multipliés sans cesse ». Parmi ceux-ci, ses relations avec le vice-amiral d’Estaing que Bouillé définit comme ayant « plus de désirs de gloire que de moyens pour en acquérir ». Il entreprendra ensuite des opérations combinées avec l’escadre de Guichen puis avec la flotte de l’amiral de Grasse, ce qui l’amène à formuler plusieurs propositions et jugements, pertinents, sur la Marine et quelques portraits, sans complaisance excessive, de ses chefs.

La relation de ces évènements, par un acteur doté d’un bon sens critique et d’une hauteur de vue proportionnée à ses fonctions, est l’un des grands intérêts de ces mémoires. Il est passionnant de lire ces témoignages  sur les mouvements des escadres et les opérations terrestres, rédigés par un participant de haut niveau. L’intérêt est renforcé par les notes de lecture, en particulier les biographies des officiers impliqués, marins ou de de l’armée de terre, français, anglais et espagnols, dont on suit la carrière avec sympathie, en se demandant, pour chacun d’eux, s’il parviendra  jusqu’aux étoiles.

Ces souvenirs, rédigés  par Bouillé vraisemblablement en 1784 et révisés – avec plus d’indulgence-  peu après 1795 constituent un document exceptionnel pour qui s’intéresse à cette période. Ce projet d’édition, à l’origine encouragé par Etienne Taillemite et Ulane Bonnel  et  longuement médité par Philippe Henrat au fil de sa carrière aux Archives Nationales a  été mené à bien  ces dernières années. Notre ami a pu déployer ce faisant une [petite] partie de son [exceptionnelle] érudition pour mettre entre nos mains un ouvrage de haut bord  dont la lecture apporte autant de satisfactions que de plaisir.

CF(H) Jean-Paul BILLOT
15/03/2016

Publiées d’après le manuscrit autographe pour la Société de l’Histoire de France par Philippe HENRAT
Introduction de Philippe HAUDRÈRE
Éditions De BOCCARD
85 €

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