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James Cook, le compas et la fleur – Recension 2

James Cook, Le compas et la fleur Couverture du livre James Cook, Le compas et la fleur
Anne Pons
Perrin
Avril 2015

« L’encre du XXIème siècle tente de reconstituer les multiples observations des journaux de bord et s’efforce d’en extraire la « vraie » vie. Reconstituer ! », « Comment ressusciter des hommes retournés au néant ? Qui étaient-ils vraiment ? »

C’est en effet un travail de reconstitution que nous propose Anne Pons, reconstitution de la personnalité du Capitaine James Cook , reconstitution des voyages de découvertes de cette seconde moitié du XVIIIème siècle, avec l’ile de Tahiti comme point de passage obligé, reconstitution de la rencontre de deux univers qui s’ignoraient.

Le Capitaine James  Cook est là, présent dès la couverture dans le superbe portrait que fit de lui Nathaniel Dance. « Il est là, pour l’éternité, le cœur scellé sur ses secrets. » La carrière de ce capitaine de vaisseau est l’exemple de « l’escalier social » que la Navy anglaise, comme la Marine française, ont toujours été.  Fils d’un journalier du nord du Yorkshire, James sert d’abord comme matelot puis comme second à bord des bricks charbonniers de 600 tonnes. Vers 25 ans il s’engage comme volontaire dans la Navy et doit repartir au bas de l’échelle comme matelot. Rapidement il est promu second pilote. En 1757, il a 29 ans et embarque comme  premier pilote (master) pour le Canada. En juillet la capitulation de Louisbourg ouvre l’entrée du Saint Laurent aux navires anglais. Cook participe alors à l’établissement de la cartographie des rives du fleuve jusqu’à Québec. En septembre 1759 le Marquis de Montcalm – Gouverneur du Canada, est défait dans les plaines d’Abraham derrière Québec, la forteresse se rend. L’aide de camp de Montcalm n’est autre que Louis Antoine de Bougainville. En 1767 les relevés des côtes des anciens territoires français s’achèvent et James Cook  rentre en Angleterre. « Expérimenté, méticuleux, discret, mais conscient de sa valeur au point de s’adresser directement à  l’Amirauté malgré la modestie de son rang, Cook s’est préparé sans le savoir à devenir le « surveyor » de la planète entière. »

A cette époque la  rivalité etait exaspérée entre les expéditions françaises et anglaises dont le but ètait de découvrir et d’annexer de nouvelles terres dans les mers du sud. Louis-Antoine de Bougainville mouilla le 6 avril 1768 à Tahiti qui venait d’être découverte en juin 1767 par Samuel Wallis. James Cook débarqua à Tahiti le 13 avril 1769. Il y reviendra au cours de son second voyage en aout 1773 et en  avril 1774, puis en juillet 1777 lors de son troisième voyage.

Comment James Cook fut-il choisi pour commander le HMS Endeavour, ancien brick charbonnier, ainsi que l’expédition  de la Royal Sociéty en 1768 ? Cela relève sans doute un peu du hasard, mais Cook qui fut promu lieutenant de vaisseau à cette occasion, était un navigateur confirmé et il possédait au plus haut point, le sens moral et les compétences nécessaires. Les botanistes de ce premier voyage seront Joseph Banks, jeune aristocrate et riche propriétaire terrien appartenant à la haute société et Daniel Solander son secrétaire et bibliothécaire. Cook et Banks, que tout sépare, s’entendront à merveille au cours du voyage,  la rupture interviendra lorsque Banks faisant le tour des salons londoniens, plastronnant devant ses pairs, s’attribuera le mérite des découvertes.  Il ne repartira pas mais Cook qui vient d’être promu Commander, dirigera encore deux expéditions.

En plein siècle des lumières, les rencontres avec les Tahitiens accueillants mais déroutants, avec les Maoris hostiles et  anthropophages, ou les pentagones miséreux, mettent à mal  le mythe du bon sauvage en vogue en Europe.

C’est là que l’on mesure l’aptitude au commandement et le leadership de l’officier de marine Cook. Face à ses équipages, James Cook applique avec sévérité la discipline de fer de la Navy. Aucun manquement aux règlements n’est toléré.  L’heure est aux expérimentations pour garantir la santé des marins, on cherche à se débarrasser de la vermine, à enrayer l’apparition du scorbut, on privilégie autant que possible les produits frais.  Face aux indigènes, Cook se trouve confronté à des situations imprévisibles, inimaginables et immorales pour un européen et bien souvent dangereuses.  Les vols et chapardages  quotidiens, les mœurs libérés, les coutumes et les croyances sauvages et sanguinaires. Au cours de ses deux premiers voyages, Cook réagit avec doigté, mais au cours du troisième voyage il apparait comme un homme fatigué, instable, dont l’acharnement tourne à la déraison. Cela le conduira sans doute à sa perte, sur un rivage des iles Tonga, là ou il avait été accueilli comme un dieu quelques semaines  auparavant, mais un dieu qui devait maintenant être mangé.

Cette biographie de James Cook n’est pas un roman historique et bien que le style ne soit pas universitaire, elle est réellement l’aboutissement du travail d’historienne et d’anthropologue  réalisé par Anne Pons dans le but de percer le mystère  du capitaine James Cook, comme elle l’avait déjà fait pour Lapérouse.

CV(H) Gérald BONNIER
24/11/2015

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