Papeete 1914 – T1 (Rouge Tahiti) | ACORAM

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Papeete 1914 – T1 (Rouge Tahiti)

PMO_Papeete1914_T1La vie s’écoule paisiblement en ce mois d’août 1914 aux Iles de la Société, loin des tensions de l’Europe. La petite communauté coloniale de Tahiti vit dans l’insouciance, profitant de la douceur du climat, d’une prospérité tranquille et de la nonchalance voluptueuse de quelques vahinés peu farouches. C’est dans un Papeete bienveillant que Simon Combaud, métropolitain fraîchement débarqué enquêtant sur un crime, découvre les plaisirs de l’île et les charmes de la sensuelle Mareta. Le rêve s’ébrèche pourtant, lorsque la guerre fait irruption dans cette zone du Pacifique et que des morts mystérieuses touchent bientôt les belles polynésiennes ….

Rouge Tahiti est le premier tome d’un polar qui prend pour toile de fond un événement oublié de la Grande Guerre : le bombardement de Papeete en septembre 1914, par deux cuirassés allemands.

Ce contexte historique est retranscrit avec une grande exactitude. Le lieutenant de vaisseau Destremau fut bien chargé d’organiser la défense de l’ile et y parvint en quelques jours, grâce au soutien du peintre Octave Morillot – un enseigne de vaisseau qui avait quitté la carrière pour la peinture – et malgré l’hostilité du Gouverneur Civil. Il désarma pour cela la canonnière Zelée dont il avait le commandement, faisant monter son artillerie sur les hauteurs dominant la passe d’entrée de Papeete et déjouant les visées des navires Scharnost et Gneisenau.

L’intrigue policière met une langueur toute exotique à s’amorcer avant d’accélérer, rythmée par l’émission discrète de cachets postaux qui donnent à l’histoire des allures de chronique. La galerie de portraits qui la compose – un prêtre peu orthodoxe, des vahinés provocantes, un peintre jouisseur ayant le sens du devoir, … – est précise, riche et habillement décrite.

Si le découpage des vignettes, classique, offre de beaux panoramas et les dessins sont de bonne facture, on regrettera un traitement trop lissé et exagérant le coté carte postale. Les couleurs vives des peintres fauves – Octave Morillot en tête – sont malheureusement absentes.

Mêlant avec adresse fiction et histoire – un encart documentaire de 8 pages clôt par ailleurs l’ouvrage -, ce premier tome ravive habilement un monde perdu et donne envie de découvrir la suite du diptyque et de voir lever le mystère.

 

L.V. (R) Jean-Pascal DANNAUD

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